Interview

Alix Raynar, CEO

Quelles sont vos ambitions?

May Twenty veut devenir la marque de référence en Suisse pour les bracelets de montre sur mesure, en privilégiant 3 points essentiels:

  1. un large choix de produits, qui évolue constamment selon les modes, les souhaits des clients et les saisons,
  2. une qualité irréprochable,
  3. et un accès facile au produit, tant par le biais des distributeurs que par le site internet de vente en ligne.

Qu’est-ce qui vous empêche de dormir?

Evidemment losrque que l’on commence une start-up, la seule chose qui importe est la satisfaction du client. Mon soucis est donc de ne pas décevoir, ce qui me préoccupe donc en priorité c’est que le produit livré réponde aux attentes. C’est d’ailleurs la clé du succés.

Qui sont vos concurrents?

En Suisse, la société qui distribue le plus de bracelets de montres à ma connaissance est la société Hirsch. Cependant, elle vend des bracelets déjà en stock, elle répond donc à un besoin immédiat du client, alors que May Twenty demande un peu plus de patience (2 à 3 semaines), car le concept de May Twenty est bien particulier pour 2 raisons: la première c’est que nous pouvons faire un bracelet pour tout type de montre – de la plus vintage à la plus récente – la seconde est que le client peut choisir sa matière et couleur d’après des nuanciers visibles chez tous les distributeurs.

Qu’est-ce qui vous plaît dans cette activité professionnelle?

Après des études de Droit, j’ai réalisé au fil des années que j’aime les tâches concrètes, je suis définitivement plus une personne d’action que de dossiers! Fonder une start-up, avec toutes les étapes que cela comporte – de la création de société au choix des fournisseurs en passant par la création du nom, du logo etc – est quelque chose qui m’a beaucoup intéressée, et cela se poursuit aujourd’hui avec le développement continu et infini de la société: trouver de nouvelles idées sur le produit, essayer de se développer…il y a toujours quelque chose à réaliser, et les tâches sont très variées.

Décrivez une journée type

Les commandes constituent la priorité de chaque journée: si des bracelets sont prêts, nous nous efforçons de les acheminer sans tarder aux clients; si des commandes arrivent, nous les traitons avant toute autre chose. Le reste de la journée est davantage consacré au développement de l’activité: s’informer sur de nouvelles tendances et s’en inspirer , trouver de nouveaux contacts (réseau de distribution notamment), et s’occuper de la communication de May Twenty.

Est-ce que votre créneau a un avenir?

Je pense que les montres de luxe existeront toujours, et sont faites pour durer, elles auront toujours besoin, de temps à autre, de nouveaux bracelets! Le marché du bracelet de montre sur mesure est loin de s’éteindre…

De quelle tendance pourriez-vous bénéficer sur le long terme?

Il est assez traditionnel que les montres se transmettent de génération en génération. Or, les bracelets n’ont pas une durée de vie sur plusieurs générations. La généralisation de la montre d’homme portée par une femme (trans-genre) et d’un intérêt croissant pour les montres vintages.

Comment vous est venue cette idée?

J’ai moi-même été contrainte de changer un bracelet de montre usé, et je n’ai rien trouvé qui me plaise. Surtout, je n’aimais pas avoir à choisir dans le peu de couleurs et de matières proposées sur un catalogue…il est pour moi essentiel de pouvoir se faire une idée concrète du produit fini avant de le commander: on n’aime pas choisir un tissu sans le toucher, alors pourquoi ne pas pouvoir choisir une matière de bracelet montre d’après des nuanciers?

Comment vous imaginez-vous dans un an?

Dans un an j’espère avoir contenté beaucoup de clients, avoir trouvé un bon réseau de distribution sur l’ensemble de la Suisse, et avoir un site internet de vente en ligne qui donne satisfaction aux clients par sa simplicité de fonctionnement!

A-t-il été difficile de monter cette start-up?

Créer une start est, en apparence, quelque chose de facile. On a un jour une idée et on s’imagine pouvoir la mettre en pratique sans difficulté particulière. Seulement dans les faits, on ne réalise pas, à T 0, combien le chemin est semé d’embûches…

Il faut trouver tout d’abord les partenaires ou fournisseurs, être sûr de pouvoir concrétiser cette idée en apparence simple, puis il faut créer la forme juridique de la société après avoir trouvé son nom, trouver un designer qui dessine un logo qui nous plaise, déposer une marque pour le nom et/ou le logo (dans quels pays? Pour quels produits et dans quelles classes?), discuter les contrat avec les fournisseurs et partenaires, penser aux contraintes douanières (surtout pour la Suisse), décider des matières et des couleurs du nuancier et établir sa collection, commander les papiers à en-tête, cartes de visite…et évidemment penser à créer un site internet, ce qui se traduit par: chercher les webdesigners et trier (voire déchiffrer!) les différentes offres reçues, penser à une mise en page qui soit facile à comprendre pour le client, et esthétique en même temps, mettre en place le système du paiement en ligne si l’on veut un site marchand, réfléchir ensuite à la façon dont on veut se faire connaître, par l’intermédiaire ou non d’une agence de relations publiques, par les réseaux sociaux (est-ce efficace et indispensable?) qu’il faudra alimenter en continu…et même si tout cela est tout à fait réalisable, il faut avant tout apprendre à être patient, car tout prend plus de temps que prévu!

L’autre point essentiel dans la création d’une start-up est bien sûr l’aspect financier: chaque étape coûte, alors que les rentrées sont presque nulle voire même inexistantes, au moins au début. Il faut donc faire des choix, savoir où l’on veut mettre ses priorités, penser – dans mon cas – à la distribution (ouvrir son propre magasin? Chercher des distributeurs et accepter de réduire ses marges?) Chaque jour il faut prendre des décisions, et c’est aussi cela l’intérêt de la création et du développement d’une start-up: chaque jour et différent, les possibilités sont multiples et tout est toujours possible.

Quelle a été votre décision la plus difficile à prendre jusqu’à présent?

Me séparer de mon associée avec qui j’ai travaillé quelques mois sur le projet. Il est toujours plus réconfortant de pouvoir être 2 pour échanger ses impressions, ses expériences propres, et se motiver mutuellement car créer sa start-up n’est pas un long fleuve tranquille. En revanche, quand les points de désaccords deviennent prépondérants, il faut savoir se séparer.